Parce que quand on est accro, même si ça fait mal, ________ Parfois ça fait encore plus mal de décrocher . __________ Grey's A.

Parce que quand on est accro, même si ça fait mal, ________ Parfois ça fait encore plus mal de décrocher .  __________ Grey's A.
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_____' ___________ Un flic brisé par la vie,
_____' _________ Une stagiaire heureuse
_____' _______ & un psychopathe en liberté .
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_____' _____ Un trio infernal .
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Ce blog, c'est mes mots, ceux que je crachent au bout de mes doigts pour créer une illusion, un autre monde, dans lequel je me plais à m'évader. Autant que respirer, écrire m'est indispensable. Je n'ai certainement pas la prétention de dire que mon histoire est merveilleuse & sans défaut, au contraire, je doute de moi à chaque instant. Mais j'aime ce domaine, comme un drogué aime la coke ou l'héroïne. Merci aux "fans" & au lecteurs, ceux que je connais & ceux que je connais pas. Balancez votre pub, je la lirais pas. & je me fiche des commentaires, je ne ferais un truc du genre "150 commentaires pour la suite". Parce que ceux qui font ça sont ceux qui font un blog pour dire qu'ils sont connus, alors qu'ils n'ont aucun lecteur, juste des commentaires avec des chiffres. Moi, j'écris cette histoire avant tout pour moi, pour m'aider à m'en sortir, pour ressentir ce petit frisson d'excitation qui me parcoure quand mes doigts courent sur le clavier, ce plaisir, cette jubilation de voir mes mots s'emboîter pour former des phrases, des textes. Lire vos avis qui me font rougir. Rencontrer des gens magnifiques. Vivre. Bonne lecture * .



*Annuaires * : ___
* _*_ *_______








Putain, mais apprenez à lire, PLUS DE PUBS !
Le prochain qui en met, jle frappe. Sérieux .
( C'est assez clair là non ?! )

# Posté le samedi 18 octobre 2008 10:00

Modifié le mardi 11 août 2009 08:23

You'll never be alone ______________ When darkness comes I'll light the night with stars ___Hear the whispers in the dark _________Skillet

You'll never be alone ______________ When darkness comes I'll light the night with stars ___Hear the whispers in the dark _________Skillet ♪
______________Préface
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On a tous un ange, quelque part dans ce monde. Quelqu'un qui veille sur nous, qui nous protège. Parfois, on le connaît, et alors c'est la plus magnifique des choses qui se trouve autour de nous, celle dont l'aura de bienfaisance brille autour de son corps et qu'on est le seul à voir. Il est comme une seconde moitié, l'unique qui arrive à nous comprendre, à nous réconforter. Celui grâce à qui on a de l'espoir, l'envie d'avancer, celui qui arrive à nous faire oublier les moments les plus durs, celui qui sait les mots qui vont nous apaiser. Je souhaite à tout le monde de pouvoir rencontrer celui qui changera sa vie. Moi, je l'ai trouvé, & c'est toi, la plus merveilleuse, la meilleure. Entre nous, c'est plus que fusionnel, personne ne le sait mieux que nous deux. Je t'aime. Même si ce ne sont que de simples mots, c'est les plus beau que je puisse t'offrir. Ma Meilleure Amie. Cette histoire, je te la dédie, à toi & à toi seule.


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______________Chapitre 1


______La pluie dense qui s'abattait dans les rues, annonçant l'arrivée du mois d'octobre, ne gâchait en rien la beauté de la ville de Philadelphie. Les nuages sombres qui remplaçaient le bleu limpide du ciel commençaient à lasser ses habitants et les touristes, de passage dans l'immense ville de Pennsylvanie. De temps en temps, la métropole était zébrée par un éclair, puis un fracas assourdissant résonnait dans le ciel. Un vent violent courbait les arbres, et faisait voler les papiers qui jonchaient le sol.
Les rares passant qui se risquaient à sortir dehors sans parapluie se retrouvaient rapidement trempés jusqu'à la moelle, et Matthew Everson n'en fit pas exception.
Le jeune inspecteur de 26 ans grimpa rapidement les marches qui menaient au commissariat, se faisant généreusement arroser au passage. Il franchit les portes de verre, et secoua ses cheveux châtains en batailles pour chasser les gouttes de pluie qui les maculaient. Il haïssait la pluie; mais au fond, qu'est-ce qu'il ne détestait pas?
- Matt! L'appela une voix à sa droite.
Le concerné se retourna et son visage s'éclaira d'un sourire.
- Emma! Répondit-il énergiquement en se dirigeant vers le grand bureau de la secrétaire.
Assise derrière un grand tas de paperasse, elle était à peine visible. Les yeux menthe à l'eau de Matt rencontrèrent ceux chocolat de son amie, cachés par une frange de cheveux d'un brun foncé.
- Encore en retard? Le taquina la jeune femme.
Le jeune inspecteur jeta un regard à l'heure, fixée au mur. 8 heures 30. Une demi-heure de retard. Il grimaça.
- Embouteillage monstre, grommela-t-il en omettant de préciser qu'il était à parti à 7h55.
Un vague sourire passa sur le beau visage de la jeune femme.
- Et, par le plus grand des hasards, tu n'aurais pas oublié que tu avais rendez-vous avec le boss il y a très précisément une demi-heure?
Matt écarquilla les yeux.
- Bien sûr que si, j'ai oublié, gémit-il. Pourquoi il veut me voir?
Emma haussa les épaules en signe d'ignorance, et Matt se dirigea aussitôt vers les ascenseurs, en pressant le pas.
Arrivé au sixième étage, il s'arrêta devant la porte de son supérieur. Il faillit entrer, puis se ravisa, et frappa poliment, avant d'appuyer sur la clenche.
- Ah, Matt, enfin!, s'exclama Adam Blunt à l'arrivé du jeune inspecteur.
Matt fronça les sourcils et demanda sans s'encombrer de politesse:
- Qu'est-ce que vous me voulez?
- Asseyez-vous, éluda Adam en désignant une chaise.
Suivant le doigt qu'Adam pointait sur le siège, Matt vit enfin ce qu'il n'avait pas vu en entrant: une jeune femme était assise devant le bureau du patron. Cependant, il fut plus surpris par le fait de ne pas s'être fait reprocher son manque de ponctualité.
Matt s'assit sur la chaise désignée, mais il ne comptait pas rester là indéfiniment: il avait du boulot qui l'attendait. Au passage, il observa la femme assise à sa gauche. Ses cheveux d'un blond qui ressemblait à au reflet du soleil sur les blés étaient relevés en un chignon d'où s'échappaient quelques mèches qui retombaient sur la peau laiteuse de son magnifique visage. Ses yeux d'un bleu glaciers fixaient ses genoux, et il ne faisait aucun doute qu'elle sortait tout juste de l'adolescence. Quiconque serait arrivé à la conclusion qu'elle ressemblait à un ange, mais Matt lui, s'en fichait.
- Alors? Répéta-t-il légèrement plus fort.
Adam ne semblait pas l'entendre, contemplant la pluie battante au dehors. Une ride soucieuse lui barrait le front. Il s'arracha soudain à sa contemplation et se retourna vers son jeune employé.
- Vous auriez une objection à travailler avec un coéquipier?
Une fois la surprise passée, Matt éclata d'un rire purement ironique.
- Vous avez trouvé quelqu'un d'assez courageux au moins? Railla-t-il.
Un vague sourire se dessina sur le visage d'Adam.
- Répondez à ma question.
- Oui, bien sûr que oui, j'en aurais une! s'écria Matt. Je n'ai jamais travaillé en équipe, et ce n'est certainement pas maintenant que ça commencera!
- Oh que si, assura tranquillement Adam
Les rouages se mirent en place dans le cerveau de Matthew. Il jeta un regard à la personne assise à sa gauche puis ses pupilles revinrent se fracasser dans ceux d'Adam.
- Vous voulez dire que...?
Adam acquiesça en silence. Une bouffée de colère se propagea dans le corps de l'inspecteur.
- Et pourquoi je suis le dernier au courant?! Explosa-t-il.
- Voici ma nièce, éluda une nouvelle fois Adam, calmement. Izzie, Izzie Law. Elle doit effectuer un stage, et étant donné qu'elle fait des études dans le but de travailler dans le domaine de la police, je suppose que vous n'avez aucune objection à ce que je la laisse avec vous le temps d'un enquête?
Matt ferma les yeux, puis ironisa doucement:
- Mais non, bien sûr que non, pourquoi est-ce que ça devrait me déranger?
S'écraser ainsi devant le patron ôtait la chose à laquelle Matt tenait le plus. Sa fierté.
Adam claqua la langue, satisfait.
- Eh bien c'est partit alors.
Il se retourna de nouveau vers la magnifique baie vitrée qui offrait une vue plongeante sur Philadelphie, puis constatant qu'aucun ne bougeaient, lança:
- Pourquoi est-ce que vous êtes encore là?!
Matt se leva en lui lançant un regard meurtrier, puis sortit de la pièce, sa stagiaire sur les talons.

De mauvaise humeur, Matt traversa le couloir en direction de son bureau, la blonde le collant. Si l'idée qu'elle était belle lui avait effleuré l'esprit, en cet instant, elle était définitivement passée au stade de boulet pour l'inspecteur. Il s'arrêta brusquement et se retourna, se retrouvant face à face avec la jeune.
- Euh? Interrogea-t-il, n'ayant aucun souvenir de son nom.
- Izzie, s'empressa de répondre celle-ci avec un fort accent anglais.
- Ok, Izzie. Soyez mignonne, allez me cherche un café, servez à quelque chose.
La dénommée Izzie le regarda, interloquée.
- La machine à café est à droite là, et mon bureau droit devant, précisa-t-il.
Sans attendre de réponse, Matt reprit son chemin, contrarié au plus haut point.
Il s'affala derrière son bureau, heureux d'être seul. Il détestait les autres êtres humains, et cela, Adam le savait très bien. Matt se demanda un instant si le côté vicieux du chef n'était pas ressorti en lui collant cette fille. Il ouvrit son ordinateur portable, et attendit patiemment qu'il s'allume.
La porte de son bureau s'ouvrit à la volée, et la tête de son ami apparut.
- Hé vieux, je peux entrer?
Matt releva la tête et sourit en reconnaissant son vieil ami Kieran, la seule autre personne à part Emma que Matt pouvait supporter ici. Il acquiesça et croisa le regard de l'inspecteur. Ses yeux étaient aussi noirs que ceux de Matt étaient d'un vert pénétrant. Les deux étaient aussi beaux et aussi sexy l'un que l'autre, mais pas dans le même genre. Kieran avait la peau noire accompagnée de yeux et de cheveux de la même couleur alors que Matthew avait la peau légèrement bronzée, des cheveux bruns en bataille et ses yeux verts qui lui conférait un charme inégalable. Ils avaient fait l'école de police et les 4oo coups ensemble...
- Alors, attaqua Kieran, il paraît qu'on a t'as collé une stagiaire?
- Laisse tomber, dit Matt avec un sourire, elle est beaucoup trop jeune pour toi, je lui donne 19, voir 20, grand maximum...
Kieran fit une moue déçue. Son ami resterait un coureur de jupons invétéré en toutes saisons...
- N'empêche, gémit le beau black, pourquoi te la donner à toi? C'est du gâchis, tu vas lui faire peur, elle serait tellement mieux avec moi...Elle est où là?
- Je l'ai envoyé chercher du café, et sans aucun remord...
- Tu vois, c'est-ce que je...
Kieran fut coupé par la porte qui s'ouvrit une nouvelle fois, et Izzie entra, digne. Elle se dirigea directement vers le bureau de Matt sans un regard pour l'autre inspecteur et tendit silencieusement de la main gauche la tasse de café, attendant, les bras croisés sur sa poitrine.
- Et sinon, Jill va bien? Demanda innocemment Kieran, tout en reluquant de haut en bas la jeune femme.
- Ne me parle pas de malheur, gémit Matt. Elle m'a encore fait une scène ce matin, comme je ne suis pas assez sérieux au niveau de notre relation, j'hallucine totalement.
Kieran sourit avant de redevenir sérieux:
- Au fait, c'est le boss qui m'a envoyé ici, il veut que t'aille sur l'affaire d'un meurtre dans un collège, à trois rues peut-être, tu sais...
- Pourquoi il t'a fait venir, je viens de partir de son bureau? Interrogea, surpris, Matt.
Kieran haussa les épaules et sortit de la pièce en articulant silencieusement un « canon ».
Matt referma son ordinateur en souriant et lança, ironique, à sa stagiaire:
- Bon, on y va alors, dans la joie et la bonne humeur...
- Vous êtes toujours comme ça? Demanda-t-elle brusquement avec son accent british.
Matt la regarda, surpris. Il pensait qu'Izzie n'ouvrirait pas la bouche de tout le temps qu'il la fréquenterait, se contentant de le suivre. Apparemment il se trompait.
- Oui, répondit-il simplement.
Izzie haussa les sourcils d'un air déprimé. ___Et elle avait raison.

# Posté le samedi 25 octobre 2008 14:26

Modifié le mercredi 21 janvier 2009 14:35

& then you were nearly crushed to death in front of my eyes at the time, all i could think about was ... ______________ Not Her. ____________________________________________________Edward Cullen (Twilight).

 & then you were nearly crushed to death in front of my eyes at the time, all i could think about was … ______________ Not Her. ____________________________________________________Edward Cullen (Twilight).


______________Chapitre 2


______Une foule énorme se massait devant le vieux collège. Quelques policiers tentaient de retenir les parents affolés qui couraient dans tous les sens, d'autres hurlaient pour qu'ils restent calmes.
Matt et Izzie se frayèrent difficilement un chemin. Lorsqu'il montra son badge d'inspecteur pour pouvoir passer, une mère de famille s'agrippa à lui.
- Expliquez-nous ce qu'il se passe, s'il vous plaît... Supplia-t-elle.
Matt baissa le regard et se décrocha, sans répondre. Izzie haussa un sourcil.
- Quoi? Demanda Matt brutalement.
- Je me demandai simplement comment vous faites pour toujours être aussi froid avec les gens...
- Des années d'expérience, ironisa l'inspecteur.
Izzie ne releva pas, se contentant de le suivre. Attirés par le mouvement au troisième étage, ils grimpèrent rapidement les escaliers.
- Désolé monsieur, mais on ne passe pas, s'interposa un policier.
- Tu vas voir si je passe pas, maugréa Matt en poussant le jeune.
- Désolé, insista-t-il, mais les proches ne sont pas autorisé à ...
- Écoute, si je te fous mon insigne d'inspecteur là où je pense, sa passe?
- In...inspecteur? Bredouilla le pauvre policier.
- Apparemment oui, cingla Matt. Un commentaire, ajouta-t-il , toujours aussi glacial à Izzie, et ça va mal aller.
Izzie eut un sourire en coin, mais ne dit rien. Arrivée sur le lieu du crime, elle déchanta vite et eut un haut le c½ur.
Une jeune fille de 16 ou 17 se trouvait là, pendue à une poutre du plafond. Son ventre était lacéré, ses boyaux pendaient . Un de ses yeux avait été arraché et roulait au sol.
Izzie posa une main sur sa bouche et les larmes lui montèrent aux yeux. Complètement indifférent, Matt fixa la scène macabre quelques secondes avant de se détourner sans exprimer aucune émotion, et se dirigea vers le légiste. Izzie se demanda un instant s'il était vraiment humain, inspira un grand coup et le suivit, évitant soigneusement de regarder le corps.
- Alors? Demanda à son habitude Matt, sans préambule.
Le vieux médecin légiste poussa un soupir.
- Toujours pressé, n'est-ce pas?
Matt esquissa un sourire.
- Et qui est cette jeune demoiselle? Demanda d'un ton vaguement intéressé le vieil homme à Izzie. Ok, ajouta-t-il en croisant le regard méchant de l'inspecteur. Personne n'a apparemment touché à la scène de crime avant votre arrivée, mais toutes les photos ont été prises donc je suppose que je vais pouvoir ramener le corps. A première vue, je dirais que la gamine est morte, étouffée par la pendaison. Ensuite, je suppose que l'assassin lui a d'abord ouvert le ventre avant de la tuer. Mais tout cela reste à confirmer avec l'autopsie.
Matt acquiesça, étudiant les lieux autour de lui. Quelque chose l'interpella sur le ventre de la victime, autre que la chair humaine. Une lettre, unique. A.
- Bordel, jura Matt.
Le médecin légiste eut un regard triste.
- Oui, je pensais la même chose...
- De quoi vous parlez? Interrompit Izzie.
- Il a recommencé, souffla Matt.
Il soupira puis sortit de la pièce en extrayant de sa poche son téléphone portable.
- Qu'est-ce qu'il y a? Insista Izzie.
Matt sursauta, ne l'ayant pas entendu entrer.
- C'est un tueur en série. Déjà deux victimes. Son mode opératoire change à chaque meurtre, mais quelque chose permet de le reconnaître: il peint la première lettre du prénom de la victime sur son corps. Jusqu'à présent toutes les victimes sont des femmes. Une femme de 24 ans nommée Haley et une autre de 17 ans appelée Callie. On le surnomme le Scribe à cause de la lettre.
Tout en parlant, il avait composé un numéro et sans laisser de temps à Izzie de commenter, il plaqua le téléphone contre son oreille, la réduisant au silence.
- Ouais, Adam? C'est Matt là. Je voulais juste vous demander si y avait possibilité de faire en sorte qu'Izzie ne soit pas avec moi sur cette enquête... Oui je sais, mais là c'est particulier, c'est pas une enquête normale, c'est le Scribe, il y a une nouvelle victime... Non, mais y a des chances que cette enquête dure des semaines et j'ai pas l'intention...
Il coula son regard vers Izzie et laissa sa phrase en suspens. La réponse de son interlocuteur ne se fit pas attendre, et plus il parlait, plus les sourcils de Matt se fronçaient.
- Oui, je veux bien concéder que... Ok, soupira-t-il en raccrochant. Bon, on va devoir se supporter plus longtemps que prévue, ajouta-t-il, dégoûté, sans un regard vers la jeune blonde.
- C'est pas vous qui êtes le plus à plaindre, rétorqua-t-elle brusquement.
Le jeune inspecteur eut un rire ironique et retourna dans la pièce du crime où il interpella un policier, se présenta et lui demanda de le briefer rapidement.
- C'est le professeur qui a découvert le cadavre, en entrant dans la salle de classe. Il a nous a appelé, et assuré qu'il n'avait touché à rien. La victime s'appelle Amanda Jake, 15 ans, en classe de troisième, élève modèle, jamais rien à se reprocher.
Matt acquiesça, le regard penseur.
- Empreintes ou autres indices? Interrogea-t-il.
Le policier secoua la tête.
- Rien du tout pour le moment.
- Ok, je vais voir le prof, si vous me cherchez.
- Il est à l'étage, en état de choc, précisa l'interlocuteur de Matt, mais celui-ci ne l'écoutait plus, se dirigeant vers les escaliers, Izzie sur les talons. Il s'arrêta violemment, et la stagiaire le percuta.
- C'est une manie chez vous de coller les gens? S'énerva Matt.
- Et c'est une manie chez vous d'être désagréable? Rétorqua Izzie, toute aussi furibonde.
Peut-être pour la première fois dans sa vie, Matt ne trouva rien à répondre, et sa ranc½ur envers la blonde grandit encore. Il lui lança un regard meurtrier auquel Izzie répondit par un sourire moqueur.
Matt commença à monter les escaliers avec le peu de fierté qui lui restait, et Izzie s'interrogea un instant sur la raison qui l'avait poussée à s'arrêter avant de secouer la tête et de le suivre à une distance raisonnable. Cet homme était beaucoup trop difficile à comprendre, et s'il y avait une chose dont elle n'avait pas envie, c'était se prendre la tête avec une chose aussi inintéressante.

Le professeur, d'une quarantaine d'année et de fins cheveux blancs qui commençaient à faire leur apparition, se tenait adossé contre le rebord de la fenêtre, les mains encore tremblantes.
- Je suis l'inspecteur Everson, chargé de l'enquête sur Amanda Jake, annonça d'emblée Matt en entrant dans la salle.
- Ah euh, bonjour, balbutia l'homme, je... je m'appelle Erwan, Erwan Key.
- Vous devez vous douter que j'ai quelques questions à vous poser... Pour commencer, racontez-moi comment vous avez découvert le corps.
Erwan prit une grande inspiration.
- Eh bien, c'était ce matin vers 8h30... Comme j'avais cours dans cette salle à 9 heures, je m'y suis rendue parce que j'avais encore des copies à corriger, et en entrant, et bien, j'ai vu, enfin, Amanda qui était...
- Morte? Suggéra Matt avec son manque de tact habituel.
- Oui, je suppose que c'est le mot qui convient, dit Erwan avec un petit rire forcé, bien que son teint ait viré au vert.
- Quelque chose vous a semblé étrange sur le coup? A part le corps, hein...
- Euh, en fait, on va dire que je n'ai pas fait attention à grand-chose d'autre sur le coup...
- Et vous n'avez croisé personne en vous rendant dans la salle de classe?
- En fait, murmura d'un air gêné le professeur, j'étais au téléphone, donc je vous avouerais que je n'ai pas fait attention...
- Ok, lança Matt avant de se tourner vers Izzie, on perd notre temps, on bouge.
Le pauvre homme baissa les yeux devant le regard mitrailleur de l'inspecteur.

- Ça ne vous arrive jamais un élan de compassion envers les gens?, s'écria Izzie en rattrapant Matt dans les escaliers.
- Non, jamais, y a pas encore écrit Mère Térésa sur mon front, mais ça va peut-être venir, je vais très certainement bientôt me convertir, qui sait?
Izzie sauta une marche et se mit face à Matt, levant les yeux pour combler leur différence de taille.
- Vous n'avez pas vu que le pauvre homme se sentait déjà assez mal, mais non, vous remuez le couteau dans la plaie, vous!
- Je dis les choses comme elles sont, grogna Matt, amusé par les éclairs dans les yeux d'Izzie, et c'est pas parce que je dois faire cette enquête avec vous que ça doit changer, ok?
Sur le dernier mot, il la poussa du bras et continua de descendre les escaliers, poursuivi un instant plus tard par la jeune blonde.
- Vous pourriez être au moins gentil!
Exaspéré, Matt s'arrêta et se tourna vers la stagiaire.
- Bon, on va mettre les choses au clair: je ne vous aime pas, vous ne m'aimez pas, je suis obligé de rester avec vous, ça ne m'enchante pas, mais alors pas du tout. Donc, si vous pourriez garder vos commentaires pour vous, tout se passera dans le meilleur des mondes, d'accord? Je n'ai jamais été « gentil » comme vous dites si bien, et ça ne changera pas de si peu. Je fais encore ce que je veux de ma vie sans avoir de compte à vous rendre.
Izzie haussa les sourcils en soutenant le regard menthe à l'eau de Matt.
- Les États-Unis sont encore une démocratie, où la liberté de parole est autorisée, non?
- Vous me tapez sur les nerfs, c'est magnifique, railla Matt en reprenant sa descente.
- C'est réciproque, siffla Izzie en le rattrapant.

- Ah, Matt, je vous attendais! S'écria le vieux légiste en accourant vers lui.
Matt haussa un sourcil de son air surpris et dédaigneux en même temps.
- Oui?
- Je rentre à la morgue pour pratiquer l'autopsie.
- Et? Demanda Matt, ne voulant pas où il voulait en venir. Vous voulez mon autorisation?
- Non, je tenais simplement à vous prévenir.
- Ok, c'est fait là, non?
Le vieux légiste soupira et aboya un ordre à un homme pour qu'il déplace le chariot sur lequel reposait le corps de la victime.
- Toujours aussi gentil et agréable à ce que je vois, marmonna le médecin.
- Les parents sont au courant? Lança Matt au policier qui l'avait briefé tout à l'heure, sans prêter attention au légiste.
- Euh je ne sais pas, je ne crois pas...
Matt soupira.
- Comment ça, vous ne savez pas? Ça va faire quoi à sa mère si je me pointe à son boulot et que je lui demande si elle connaît quelqu'un qui serait susceptible d'avoir tué sa fille alors qu'elle croyait qu'elle était bien sagement en cours? Pas un pour rattraper l'autre, hein. Bon, vous, glapit-il à l'intention d'Izzie qui contemplait la scène en silence, venez, on rentre au poste.
- On va faire quoi? Risqua-t-elle timidement.
- En apprendre sur la vie de la jeune. Et si ça vous plait pas, c'est pareil, aboya-t-il.
- C'est pas la peine de passer votre doux caractère sur moi, je n'y suis pour rien, siffla Izzie.
- Peut-être, mais en l'occurrence, vous êtes la seule que j'ai sous la main.
- Vous avez une copine? Demanda-t-elle soudainement.
Matt la regarda, une expression de réelle surprise sur le visage.
- Intéressée? Interrogea-t-il avant de se reprendre: Mais je prends pas encore au berceau hein.
- Non, dit Izzie avec un sourire moqueur, je me demandais juste si quelqu'un était assez courageux pour vous supporter plus qu'il n'en est obligé.
Satisfaite, elle lui fit un grand sourire et monta dans la voiture, laissant Matt sur le trottoir, sous la pluie, qui soupira. Quelque chose lui disait que ces prochains jours, voir semaines, seraient une guerre acharnée.

# Posté le jeudi 30 octobre 2008 13:46

Modifié le vendredi 20 février 2009 09:43

C'est l'inconnu qui nous fait peur quand nous _______________ contemplons la mort ou l'obscurité, rien d'autre. ______________ HP & le prince de sang mêlé

C’est l’inconnu qui nous fait peur quand nous _______________ contemplons la mort ou l’obscurité, rien d’autre. ______________  HP & le prince de sang mêlé
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_- Il rame, votre ordinateur.
_- T'es pas contente? C'est pareil.
_- C'est bon, j'me tais.
_- Enfin du répit.
_- Nan mais là c'est désespérant, c'est
_- pas vraiment la pointe de la
_- technologie.
_- ... Ta gueule.







______________Chapitre 3


______Lorsque Kieran entra dans le bureau, il eut face à lui un étrange tableau. Son ami, la tempe entre le pouce et l'index de la main droite, fixait son ordinateur d'un air absent. La jeune blonde canon contemplait la pluie qui martelait inlassablement les carreaux, et une tension électrique se faisait sentir dans la pièce.
- C'est pas la joie ici, constata avec un sourire le beau black.
Deux paires d'yeux, des verts clairs et des bleus glaciers, se tournèrent en même temps pour le fusiller du regard.
- Je vais chercher du café, déclara Izzie après une seconde d'un silence pesant.
Lorsque la présumée anglaise eut claquée la porte, Kieran s'affala dans un siège en face de Matt.
- Ça va vieux? Interrogea-t-il.
- Il y a une nouvelle victime du tueur en série, j'ai envie d'étrangler cette fille mais sinon ça va, ouais.
- Tu as envie d'étrangler tout le monde, corrigea le black.
Matt lui lança un regard meurtrier.
- Cette fille est une vraie peste, siffla-t-il. On la croirait toute gentille, mais nan.
- Ah bon? Tu es sur qu'elle n'est pas comme ça parce que toi tu es comme ça?
- Arrête les cours de psychologie à deux balles, railla Matt.
- Bah, il est presque midi, vient manger un case dalle, proposa Kieran.
Matt jeta un coup d'½il surpris à sa montre.
- Bordel, j'ai déjà perdu la moitié de la journée. Nan, je préfère rester ici, je vais demander à l'autre de me ramener quelque chose.
- Elle a un prénom, l'autre, remarqua une voix glaciale qui provint de l'entrée de la pièce.
Nullement gêné, Matt leva les yeux de son ordinateur et Kieran se tourna et se dit que cette fille était vraiment magnifique, même en colère.
- Thon mayonnaise, précisa Matt qui soutenait le regard d'acier d'Izzie sans s'émouvoir.
- Je suis pas votre chienne, s'exclama-t-elle.
Kieran passait de surprises en surprises: quelqu'un qui osait dire non à Matt. Un sourire vicieux s'étira sur ses lèvres. Il comprenait mieux pourquoi Matt la détestait, tout simplement parce qu'elle lui tenait tête.
- S'il vous plaît, ajouta de mauvaise foie Matt.
Izzie eut un sourire railleur.
- Ben c'était pas si difficile, ironisa la belle blonde. Vous voulez quelque chose? Ajouta-t-elle à l'intention de Kieran.
Celui secoua la tête et Izzie claqua la porte en sortant.
- Je comprends pas pourquoi t'es pas encore avec elle, s'étonna Kieran. A ta place, j'aurais sauté dessus.
Matt eut un rire ironique.
- Même pas pour tout l'or du monde. Et puis Jill t'en fais quoi?
- Alors, enfin, ça te gênes pas, si ... j'essaie?
- Du tout.
Kieran sourit et se leva.
- Bon, j'étais venu voir comment ça se passait, je suppose que j'ai ma réponse.
Matt acquiesça et reporta son attention sur l'écran d'ordinateur qu'il fixait depuis une dizaine de minutes sans en comprendre un traître mot. Il secoua la tête, fit craquer la jointure de ses doigts et laissa ses pensées vagabonder quelques secondes avant de se reprendre.
Kate Jack. 34 ans. Divorcée.
34 ans, songea Matt, beaucoup trop jeune pour avoir une fille de 15 ans. Pauvre femme, élever seule sa fille et gâcher sa jeunesse... Le vague soupçon de pitié qui l'avait emparé disparu brutalement. Elle faisait encore ce qu'elle voulait de sa vie et si le père d'Amanda avait choisit de fuir plutôt que d'assumer ses actes, c'était son problème.
Un peu comme sa mère à lui...
La porte s'ouvrit à nouveau. Matt reconnut le pas gracieux sans lever la tête, et tendit le bras.
- Ça vous écorcherez un Merci?
- Pourquoi parler au lieu d'économiser de la salive? Répliqua Matt en mordant dans son sandwiche thon mayonnaise.
Izzie eut un rire ironique et vint se placer à côté de Matt face à l'ordinateur.
- Alors? Demanda-t-elle en coulant son regard vers Matt, la tempe toujours entre son pouce et son index, son sandwiche dans la main droite.
- Alors quoi? Aboya-t-il en levant son regard vers elle.
Les yeux bleus d'Izzie se fracassèrent contre ceux de Matt et ce fut seulement là qu'il remarqua cette magnifique nuance de gris côtoyant le noir profond de ses pupilles, formant un gouffre sans fin. Elle plissa les yeux de colère.
- On fait quoi maintenant? Cracha-t-elle.
Sans répondre, Matt ferma violement son ordinateur, mâcha encore un coup dans son sandwiche, se leva et le jeta.
- Non mais vous avez pas la légère impression d'abuser là? S'exclama Izzie en enfonçant un doigt accusateur dans la poitrine de Matt.
L'inspecteur baissa les yeux, regarda le doigt, avant de replacer son regard dans celui d'Izzie, d'afficher une expression narquoise et de se détourner.
- On va chez cette très chère Kate Jack.

- Parlez nous un peu d'Amanda, demanda gentiment Matt.
La femme qui leur avait ouvert était la copie conforme du corps qu'il avait vu ce matin. Les mêmes cheveux blonds cendrés accompagnés d'yeux bleus foncés, rougis par les nombreuses larmes qu'elle avait dû verser. Kate fixait la tasse de thé qu'elle buvait, assise sur son sofa.
- Elle était tellement parfaite... sanglota-t-elle. Je l'ai eu très tôt et forcément, ce n'était pas évident, mais Amanda a très vite compris à quel point c'était dur à gérer pour moi, et elle a toujours fait du mieux qu'elle pouvait pour m'aider. Elle s'occupait du ménage et faisait les courses alors que moi je travaillais... Oh mon pauvre bébé...
Izzie ferma les yeux. Elle avait l'impression que chaque mot prononcé par cette pauvre mère en détresse lui compressait le c½ur et eut soudain l'impression d'étouffer. Elle jeta un regard à Matt, assis à sa droite. Il se tenait droit, mais ne fixait pas Kate avec son regard inquisiteur habituel, non, il regardait le parquet. Sentant son regard, il détourna les yeux vers sa stagiaire et celle-ci, se sentant prise sur le fait, reporta son regard, brûlante.
- Votre fille avait-elle un petit ami? Était-elle appréciée au collège?
- Oh oui, s'exclama Kate, les yeux pleins de larmes, tout le monde l'aimait. Elle avait la faculté de savoir écouter les gens. Et elle avait un copain, mais elle m'a dit avoir rompu avec il y a trois semaines environ... Même si elle n'était pas spécialement populaire, elle s'investissait dans la vie du collège.
Matt acquiesça.
- Excusez-moi mais... connaissait-elle son père?
- Non, soupira-t-elle, quand il a su que j'étais enceinte, il y a 16 ans, il a détalé comme un lapin, et je ne l'ai plus jamais croisé de ma vie.
Matt hocha la tête une nouvelle fois.
- On peut regarder sa chambre?, demanda-t-il en se levant, imité par Izzie.
La mère d'Amanda acquiesça en silence.

- Une fille parfaite ça n'existe pas, grommela Matt en entrant dans la chambre.
La pièce était simple, un lit double au centre, une armoire, un bureau et des décorations la meublaient.
- Qu'est-ce que vous en savez? S'exclama Izzie.
Il se retourna et la fusilla du regard.
- Question de principe. Tout le monde a fait une grosse connerie au moins une fois dans sa vie.
- C'est quoi la vôtre, alors?
- Vous seriez trop choquée, sourit Matt en se baissant pour jeter un coup d'½il sous le lit.
Il se releva et lança à Izzie:
- Fouillez dans la pièce, trouvez quelque chose qui ressemble à son journal intime.
- Son journal intime? Mais ça serait comme violer ses pensées!
L'inspecteur se tourna vers la stagiaire, amusé par son air choqué.
- En plus, reprit-elle, je croyais que c'était un tueur en série!
- Où est le rapport? Demanda-t-il, redevenant brusquement aussi froid qu'un iceberg.
- Eh bien, les tueurs en série ne connaissent pas leurs victimes non? Ils choisissent au hasard, répondit-elle, surprise par la brusque saute d'humeur de Matt.
- Pas forcément, répliqua celui-ci, et cela ne nous empêche pas de fouiller dans la vie de la victime.
Izzie opina, sachant qu'elle aurait toujours tort avec lui. Question de principe.
- Trouver quelque chose comme ça? Demanda-t-elle en prenant une lettre posée en évidence sur son bureau.
La belle blonde déplia la lettre et elle sentit la présence de Matt derrière son dos, qui lisait par-dessus son épaule.

Amanda,

Je suis désolé, mais tout est finit entre nous. Finalement, c'était une erreur, peut-être que je me suis laissé emporter...

Izzie interrompit sa lecture.
- Mais quel est le genre de mec qui plaque sa copine par lettre ?!
- Je ne sais pas, avoua Matt qui pourtant, semblait savoir.
Il arracha des mains d'Izzie la lettre et la retourna.
- Un certain Pete... Ok, demain on va le voir.
- Pas aujourd'hui? S'étonna la blonde en se retournant.
- Non, le temps qu'on rentre avec les embouteillages et compagnie, il sera largement l'heure de rentrer.

- C'est étrange, non? Demanda Izzie dans la voiture.
- De quoi? Demanda Matt, surpris. Il aurait pensé qu'avec son comportement, elle aurait cessée d'être curieuse et serait devenue renfermée. Apparemment non.
- Je ne sais pas... Tout ce qu'on a fait aujourd'hui, ça n'a pas un peu... servi à rien? Risqua-t-elle en lançant timidement un regard à Matt.
- Comment ça? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Eh ben, il n'y a aucune piste, aucun indice, pas de témoin... Si c'est le même tueur en série alors cela veut dire que pour les autres meurtres, il n'y avait pas non plus de preuves, c'est ça?
- Oui, avoua Matt à contre c½ur, se concentrant sur la route au lieu de croiser le beau regard d'Izzie. Les autres enquêtes ont littéralement pataugée dans la boue. Mais on ne peut rien dire pour le moment sur celle là, il faut au moins attendre l'autopsie.
Izzie acquiesça et redevint silencieuse.

Matt ouvrit la porte de son appartement. Le couloir était plongé dans la pénombre, mais des voix filtraient du salon, vers lequel Matt se dirigea.
Il entra, et découvrit Jill, recroquevillée sur elle-même dans le canapé, regardant la télé.
- Ah, tu es là, soupira-t-il.
Elle tourna la tête, et Matt songea à quel point elle était magnifique. Sa peau laiteuse sans imperfection contrastait à merveille avec ses cheveux d'un noir ébène et ses yeux couleur encre.
Matt s'assit à côté d'elle et un sourire de sa part dévoila une denture parfaite.
- Tu as passé une bonne journée? S'enquit-elle.
- Pas mal, oui, mentit Matt qui ne voulait pas rentrer dans les détails.
Apparemment, la crise de Jill de ce matin lui était passée. Heureusement.
La belle procureur se blottie contre le torse de Matt qui sourit.
- Je t'aime, souffla-t-elle.
Matt ne répondit pas, se contentant de passer une main douce dans ses cheveux. Peut-être qu'il ne l'aimait pas - il n'aimait personne - mais au moins, il avait de l'affection pour elle, il n'était pas si ... méchant, comme dirait Izzie. C'est-ce qu'il tentait de se persuader.

# Posté le vendredi 07 novembre 2008 12:59

Modifié le mercredi 08 avril 2009 13:00

I would hold you in my arms _______________I would take the pain away_-______________ .Some days I feel broke inside but I won't admit__________________ Sometimes I just wanna hide because it's you I miss_______________Christina Aguilera

I would hold you in my arms _______________I would take the pain away_-______________ .Some days I feel broke inside but I won't admit__________________ Sometimes I just wanna hide because it's you I miss_______________Christina Aguilera ♪


______________Chapitre 4

______- Fais gaffe, sourit Emma, ça va devenir une habitude de venir en retard.
Matt passa devant elle et fis un clin d'½il. Il jeta un regard à la montre accrochée au mur. 8h07. Il y avait du progrès.
A son habitude, il grimpa dans l'ascenseur et arriva une minute plus tard devant la porte de son bureau, qu'il poussa pour y entrer. Matt s'arrêta, surpris. Kieran et Izzie étaient en grande discussion. La belle blonde se tourna vers lui, avec un sourire radieux.
- Bonjour, lança-t-elle chaudement et gaiement.
Matt la regarda, abasourdi. Elle avait décidé d'enterrer la hache de guerre ou il ne l'avait pas suffisamment traumatisée pour qu'elle se taise?
- Bon, poursuivit-elle devant son manque de réponse, je suppose qu'hier, on est partis sur de mauvaises bases. On peut commencer par se tutoyer, non? C'est un bon début.
Matt la regarda, haussant les sourcils de son air dédaigneux, posa sa veste, humidifié par la pluie et marmonna quelque chose d'inintelligible.
- Je prends ça pour un oui, gazouilla-t-elle.
- Bonjour quand même, lança Kieran.
- Bordel, soupira Matt, mais vous avez bouffé du lion ou quoi? Il est seulement 8h10 et vous m'agressez... Quoi? Aboya-t-il, faisant sursauter Kieran et Izzie, il est déjà 8h10? On devrait être partis là! Vous - tu - fous quoi là?
- Mais euh, c'est un peu toi qui est arrivé en retard, s'exclama Izzie.
- Direction la morgue... On se voit tout à l'heure, ajouta-t-il à Kieran en récupérant sa veste.
- Attends, souffla-t-il lorsque Izzie fut sortie.
Matt se retourna, le regard inquisiteur.
- Non, dit-il simplement, je ne la toucherais pas, combien de fois il faudra que je te le répète?
- Oui, murmura Kieran, visiblement soulagé, tu sais... elle me plait vraiment...
Matt acquiesça et sortit de son bureau, suivit par son ami, qui les laissa.
- Et après c'est de ma faute si on est en retard hein? Fit-elle remarquer au bout de 30 secondes.
Matt ne prit même pas la peine de répondre.

- Ah, bonjour Matt, dit doucement le médecin légiste.
Matt hocha la tête.
- Ohmondieu, souffla Izzie, dégoûtée par la froideur qui émanait de la morgue.
- Je présume que l'autopsie est faite, commença Matt sans prêter attention à sa stagiaire.
- Vous présumez bien, soupira le légiste en s'arrêtant d'écrire.
Il se leva et fit signe aux deux jeunes gens de le suivre. Tous les trois se dirigèrent vers le corps allongé sur une table métallique.
- Il semblerait que je me sois trompé, commença le vieux médecin. Vous voyez les marques de strangulation sur le cou, ici?
Matt hocha la tête, mais Izzie détourna le regard, fixant un point imaginaire et serrant les dents.
- Elles remontent peut-être à 24 heures. Sauf que l'ouverture du ventre remonte lui à 25 heures, je dirais.
- Attendez, bégaya Izzie avec un hoquet de frayeur, donc, si j'ai bien compris, d'abord il lui a arraché les boyaux et seulement après il l'a pendu?!
- Oui, répondit Matt. Elle était déjà morte quand il l'a pendu, c'était une mise en scène.
Izzie prit une inspiration et déglutit difficilement.
- Comme c'est... charmant.
- Et? Continua Matt.
- Pas de traces de viol, ni de drogue: elle était parfaitement consciente quand il lui a fait tout ça. Par contre, il n'y a aucun cheveux ni aucune empreinte.
- Rien qui pourrait nous indiquer le meurtrier?
- Rien du tout, soupira le vieil homme. Mais...
- Parce qu'il y a un Mais?
- Je suppose que ce n'était pas là avant...
Le légiste prit doucement le bras d'Amanda et le retourna. A l'intérieur de son poignet, à l'encre de chine, un minuscule tatouage était dessiné.
- On dirait une écriture elfique, murmura Izzie.
Matt ricana.
- C'est vrai, se rebiffa Izzie, celle du Seigneur des Anneaux.
- Il y avait un tatouage sur les autres victimes? Demanda Matt sans prêter attention à Izzie.
Le légiste secoua la tête. Matt sortit une photo de sa poche, celle qu'il avait « emprunté » hier, chez les Jake. Amanda faisait un grand sourire et l'intérieur de son poignet était visible: il n'y avait rien.
- C'est peut-être un message du tueur, proposa timidement Izzie.
Matt l'ignora encore une fois.
- Bon, prenez une photo, et envoyez la au labo, n'importe où du moment qu'on comprenne pourquoi elle a un tatouage là alors qu'elle n'en avait pas avant. Nous, ajouta-t-il à Izzie, on va voir son ex.

- Bonjour, lança Matt au professeur en entrant dans la classe et en tendant un papier signé du principal. Je vous emprunte Pete Road un instant.
Et sans laisser au professeur de réagir, il jeta un regard perçant à la classe. Les 29 élèves se retournèrent comme un seul homme vers le garçon assis au fond. Se sentant démasqué, Pete se leva.
- C'est lui qui sortait avec elle, souffla Izzie, scandalisée.
- Les contraires s'attirent, répondit Matt, amusé.
- Et c'est lui qui lui a écrit une lettre ?! Je le verrais plutôt par MSN ou sms ou ...
- C'est finit les commérages? L'interrompit l'inspecteur.
Izzie garda quand même son air offusqué, devant le garçon aux cheveux noirs et longs, les yeux encres, la peau pâle et les habits gothiques. Il contrastait énormément avec la parfaite Amanda... Pete suivit Matt et sa stagiaire dans le couloir, et s'adossa au mur.
- Inspecteur Everson, se présenta Matt. On a des questions à te poser concernant Amanda.
- Rien à voir avec elle, grogna Pete.
Il jeta un regard appréciateur à Izzie, qui lui jeta un regard froid.
- Tu te la tapes? Demanda brusquement Pete en continuant de regarder Izzie.
- Autant que tu te tapais Amanda.
- T'es pas allé bien loin alors.
- Tu comprends vite.
L'échange entre Pete et Matt ressemblait à un match de tennis, chacun se renvoyant violemment la balle. Ils se fixaient avec un air de défi. Mat eut un sourire vicieux.
- Tu me parles d'Amanda, ou je t'arrête.
- Et pour quelle raison? T'as pas le droit.
- Possession de drogue, répondit simplement Matt, son sourire s'élargissant.
Pete et Izzie le fixèrent, un air de réelle surprise sur leur visage.
- Tes pupilles sont dilatées, tes mains tremblent. T'es en manque. Une petite escapade chez toi, et je te parie de trouver une seringue, à moins que ça soit de la poudre blanche...
Pete avait blanchit.
- Ok, ok, marmonna-t-il, vaincu. Je sortais avec Amanda, mais on a cassé il y a trois semaines. Elle m'énervait, elle était tellement... coincée. Depuis je ne lui ai plus parlé. A ce qu'il parait, on était mal assortis, ajouta-t-il avec un rire amer.
- Et tu ne saurais pas quelque chose que nous ignorons?
Pete secoua la tête.
- Ok, retourne en classe alors, soupira Matt.
- Et... pas un mot pour la drogue, hein? Demanda Pete inquiet.
- T'inquiète.

- J'ai comme l'impression de faire du sur place, soupira Matt, confortablement installé derrière sa chaise, les jambes sur son bureau, s'amusant à lancer des boules de papiers dans sa corbeille. Pas de suspect. Pas d'indice. Rien.
- Est-ce que je peux... voir les autres victimes? Demanda timidement Izzie.
Matt acquiesça pensivement, sortit deux dossiers qu'il lui tendit et continua son petit jeu.
Izzie ouvrit le premier, et une idée la traversa, avant qu'elle ne se plonge dans les dossiers.
- Comment est-ce que vous avez vu qu'il était drogué?
Matt lui jeta un regard d'incompréhension.
- Pete, ajouta Izzie.
- C'était évident, répondit-il simplement en souriant.
Ce fut au tour d'Izzie d'avoir un regard interrogateur.
- Ce n'était pas évident du tout, dit-elle enfin, et tu le sais.
Matt se retourna vers elle et fronça les sourcils. Il soupira, et Izzie cru un instant qu'il allait lui répondre, mais il se contenta de lui jeter une boulette de papier au visage, de nouveau son air dédaigneux affiché sur son visage.
Izzie grimaça, évita le projectile et se plongea dans le dossier de la dénommée Hayley Johanson, 24 ans. La jeune blonde eut un hoquet de frayeur. La photo représentait une femme de 24 ans, assise, adossée contre un mur, tenant son cuir chevelu d'un roux flamboyant dans les mains.
- T'as commencé par la pire, dit Matt d'un ton léger.
- Il l'a... scalpé, s'exclama Izzie, horrifié, un n½ud dans le ventre.
Matt acquiesça.
- Et encore, c'était pire en vrai, se sentit-il obligé de préciser.
Izzie referma le dossier sans en lire d'avantage et ouvrit le second. Callie Halle, 17 ans. Son visage était tellement charcuté qu'il était impossible de différencier la bouche des joues.
Izzie referma brusquement le dossier.
- Mais quel homme pourrait faire ça?
- C'est peut-être une femme, rappela Matt.
Izzie ne contesta pas mais n'approuva pas non plus.
- Anglaise? Demanda brusquement Matt, que la question tiraillait.
Izzie sourit.
- Oui. J'ai habité jusqu'à mes 12 ans à Londres. Mes deux parents travaillaient à la City, et je ne les voyais jamais. Un jour ma mère a craqué et on est venu s'installer dans le Vermont. Pas la grande aventure, c'est carrément horrible pour quelqu'un ayant vécu au c½ur de Londres... Du coup, quand j'ai eu 18 ans, je suis venue à Philadelphie.
La sonnerie du téléphone de Matt retentit.
- Oui allo? Dit-il d'un air blasé.
Il se redressa aussitôt et manqua de s'étouffer.
- J'arrive, dit-il enfin en se levant et en raccrochant.
- Merci de me tenir au courant, railla Izzie en se levant à son tour.
- Nouveau cadavre, répondit-il brièvement en sortant de la pièce.
- Encore, glapit Izzie. Mais il ne s'arrête jamais ou quoi?
- Il faut croire que non.
Et peut-être pour la première fois depuis qu'Izzie l'avait rencontré, Matt avait quitté son air assuré et affichait un air inquiet. Ce qui ne présageait rien de bon.

# Posté le samedi 15 novembre 2008 10:41

Modifié le vendredi 20 février 2009 09:43

Un silence peut parfois être le plus cruel des mensonges .__________Robert Louis Stevenson

Un silence peut parfois être le plus cruel des mensonges .__________Robert Louis Stevenson
______________Chapitre 5


______Matt coupa le contact de sa voiture, et sortit en claquant sa portière. Son énervement était presque palpable. Il n'avait rien vu venir, cela faisait des semaines pour les derniers cadavres. Il ne comprenait pas la psychologie de ce meurtrier, pourquoi sa soif de tuer s'était accélérée.
Le tueur l'avait dépassé. Encore une fois.
Matt jeta un coup d'½il morne au grand bâtiment qui se dressait devant lui, fier et droit, la bibliothèque. Grande et blanche, elle contrastait énormément avec le ciel recouvert de nuages sombres.
Les deux jeunes gens grimpèrent rapidement les marches, et, arrivés dans l'entrée, Matt demanda son chemin à un homme en uniforme, qui lui indiqua le rez-de-chaussée, au fond au droite.
- Ah Matt, qu'est-ce qu'on se voit ces temps-ci, gloussa le médecin légiste lorsqu'ils furent arrivés sur les lieux du crime.
Matt ne répondit pas et poussa brutalement le médecin. Une seule chose l'intéressait: la victime, le meurtre. Et il ne fut pas déçu.
Un corps reposait, les bras en croix, par terre.
Des ongles s'enfoncèrent brusquement dans son bras. Il se retourna vers Izzie, dont la main serrait son bras, qui levait les yeux. Matt suivit son regard, qui lui apporta le dernier élément.
Accroché au lustre, une tête pendait. De longs cheveux bruns foncés tombaient en une cascade de boucles, en même temps que les gouttes de sang qui commençaient à former une petite flaque juste devant Izzie.
Matt ne put retenir un frisson et ferma les yeux, avant de se reprendre.
- Lâche moi, cracha-t-il à Izzie en se dégageant violemment.
Elle le regarda avec des yeux ébahis. Il s'en foutait. Sa ranc½ur, sa colère était immense, et il fallait qu'il la passe sur quelqu'un, n'importe qui.
- Excuse moi d'avoir des réactions humaines, siffla-t-elle.
Si Matt détestait une chose, c'était qu'on le contredise. Exactement ce qu'elle venait de faire.
_____Et elle était devant lui, si frêle, si fragile qu'il aurait pu la briser...
Ses yeux verts brillaient d'un nouvel éclat féroce, et il la vit reculer, effrayée.
Matt lâcha un « merde » et fit demi tour, sous l'½il inquiet de la blonde et du médecin légiste.

Il faisait tellement froid qu'il s'attendait presque à voir une multitude de petits flocons blancs et purs de neige tomber. Assis sur les marches humides par lesquelles on montait pour gagner la bibliothèque, Matt tentait de se calmer. De réfléchir. Cette histoire lui montait à la tête. S'il n'avait jamais été très amical, ce n'était pas au point d'avoir eu envie de ... tuer? Car c'était exactement ce sentiment qu'il avait eu une fraction de seconde, devant ses yeux bleus à la fois durs et innocents. C'était certainement parce qu'il ne dormait pas assez, parce que ce tueur l'obsédait tellement.
Il sentit une présence s'asseoir à côté de lui, et ne lui jeta même pas un coup d'½il.
- Qu'est-ce qui se passe? Demanda enfin Izzie.
Matt ne prit pas la peine de répondre, mais se tourna vers elle. Il la vit, le visage incliné, l'air inquisiteur dans ses yeux, son souffle provoquant un fin nuage de vapeur.
Matt détourna le regard, se leva, l'évitant et rentra à l'intérieur du bâtiment.
- Alors, demanda-t-il d'un ton bourru au légiste penché sur le corps sans tête. Premières constatations?
- Décapitation.
- J'avais remarqué, grimaça Matt.
Une ombre passa et se plaça à sa droite.
Le légiste haussa les épaules.
- Sur le coup là, rien n'est flagrant. La pauvre petite n'a même pas été identifiée. Désolé, mais tu vas devoir attendre l'autopsie.
- J'ai pas de temps à perdre, j'ai un tueur dans les rues de Philadelphie, et tu veux que j'attende ?
Matt hurlait presque sur le dernier mot.
Nullement impressionné, le vieil homme soutint son regard. Matt soupira:
- Ok, on va voir celui qui a découvert le corps - parce qu'il y a bien quelqu'un qui a découvert le corps, n'est-ce pas?
Le policier vers qui il venait de se tourner sur le dernier mot hocha la tête, impressionné par la colère de Matt. Celui-ci se tourna rapidement vers Izzie et indiqua d'un signe de la tête de le suivre, tout en évitant son regard.
_____Car pour la première fois de sa vie, Matthew Everson était effrayé. Effrayé par ce sentiment qui l'avait traversé, effrayé à l'idée de le ressentir de nouveau.

- Everson, dit sèchement Matt, inspecteur.
La femme se leva de la table sur laquelle elle s'était installé et fit face au jeune homme. Elle aurait pu être belle, mais ses lèvres étaient trop grandes, son nez trop pointu, et sa peau était à peine visible sous la couche de maquillage.
- Kristen Denton, répondit-elle aussi sèchement. Et vous? Ajouta-t-elle à Izzie.
- On s'en fout, coupa Matt. Racontez-moi comment vous avez découvert le corps.
Kristen rejeta sa longue chevelure rousse en arrière et soupira, en plissant le front, comme si c'était un souvenir lointain.
- Je voulais ranger des livres dans ce rayon - je suis la bibliothécaire. Et voilà.
- Voilà quoi?
- Eh bien, c'est tout... je suis tombé sur le corps, et j'ai appelé la police.
- C'est tout? Demanda Matt, vaguement déçu.
- Non, rajouta Kristen, après réflexion. J'ai vu un homme courir.
- Vous pourriez faire un portrait robot?
Elle hocha la tête et Matt sortit de la pièce. Peut-être une piste. Enfin.
- Ça va mener quelque part?
Matt se tourna vers Izzie et se rendit compte qu'il l'avait presque oublié. Il haussa les épaules.
- Aucune idée, mais c'est notre seule piste.
Et alors qu'il croisait ces yeux d'une puissance sans égale, il se rendit que c'était le néant. Rien. Rassuré, il souffla. Il n'était pas comme ce fou furieux. Car c'était ce qu'il craignait le plus. Il adressa à Izzie un sourire radieux, et celle-ci eut dans les yeux une lueur qui signifiait clairement « t'es foutu mon pauvre vieux, la dernière solution, c'est l'asile », ce qui lui donna envie de pouffer.
Il partit d'un pas léger sur les lieux du crime, Izzie sur les talons, mais un policier l'intercepta.
- Monsieur? Le médecin légiste souhaitait que je vous prévienne qu'il rentrait à la morgue, et aussi, qu'on a fouillé la scène du crime, et il n'y a rien, pas un indice.
Matt grogna en signe d'acquiescement.
- Bon, dit il à Izzie, on rentre, et on attend que le portrait robot de la bibliothécaire arrive, et aussi qu'on identifie la victime.

La feuille de salade tentait désespérément de s'échapper, la mayonnaise coulait. C'était le pitoyable tableau qu'offrait Matt en train de mordre dans un hamburger. Cela faisait plus d'une demi heure qu'il attendait, et si rien n'arrivait, il irait personnellement voir le légiste.
Alors que la pensée de lui sortir quelques adorables remarques lui traversait l'esprit, la porte de son bureau s'ouvrit en grand, et ce fut un officier inconnu qui rentra.
- Inspecteur, j'ai le portrait robot de Mlle Denton, dit-il en tendant une feuille à Matt.
Izzie étouffa une exclamation surprise en reconnaissant le portrait. Matt fronça les sourcils en cherchant où est-ce qu'il avait déjà vu cet homme. Izzie éclaira sa lanterne.
- On dirait le professeur, celui d'Amanda, souffla-t-elle.
- Va me le chercher, aboya-t-il à l'officier en grattant un bout de fromage collé sur son bureau. Et je veux le voir seul à seul, ajouta-t-il avec un regard pour la belle blonde.

- Comme on se retrouve, dit doucereusement Matt en tournant autour de la table de la salle d'interrogatoire.
Erwan Key, le visage transpirant, fixait un point imaginaire devant lui.
- Je... je ne sais pas ce que je fais là... bégaya-t-il.
- Vraiment? Dit Matt en retournant la chaise et en s'asseyant, le dossier contre son torse. Une belle brune aux cheveux bouclés, ça ne vous dit rien?
Erwan déglutit.
- Et pourtant, ça devrait, continua Matt. Vous êtes allés faire un tour à la bibliothèque, cette après-midi, n'est-ce pas?
Le professeur atteignait maintenant une pâleur cadavérique.
- Si, balbutia-t-il, je suis allé... enfin, j'y suis allé cette après-midi, pour rendre quelques livres.
- Et rien ne vous a parut suspect? Peut-être un cadavre par exemple?
Si Matt excellait dans un domaine, c'était celui de pousser les gens à bout. Et il y arrivait très bien avec le professeur. Comme celui-ci restait muet, il poussa encore plus loin.
- Vous savez quoi? Je pense que vous avez décapité cette pauvre fille et monté toute cette mise en scène, comme pour Amanda. Vous y prenez plaisir, n'est-ce pas...? Tout ce sang, ces cris d'agonie qu'elles doivent pousser lorsque leur fin est proche, lorsqu'elles vous supplient de les épargner...
- Arrêtez, s'exclama soudain Erwan, non... non, je n'ai rien fait de tout ça, ce n'est pas moi! Je ne suis pas un monstre!
- Alors expliquez moi pourquoi un témoin vous a vus vous enfuir du lieu du crime?
- Ok, soupira Erwan. Je suis entré dans le rayon de la bibliothèque, et c'est là que j'ai vu...ça. Le corps sans tête, le sang... Et comme j'avais déjà découvert le cadavre d'Amanda, je me suis dit que ça ferait peut-être beaucoup pour la police, du coup j'ai paniqué, et je me suis enfuit...
- Et pourquoi est-ce que je devrais vous croire? Demanda tranquillement Matt, qui sondait l'esprit de son suspect. J'ai un témoin qui vous a vu quitter la scène de crime, et personne ne peut confirmer votre version des faits. Je peux facilement vous faire prendre perpétuité.
- Mais je suis innocent, couina Erwan avec une petite voix aiguë.
- Alors, si je me rends chez vous, je suis sûr de ne rien trouver qui pourrait vous incriminer? De ne pas trouver des photos de la petite Amanda sur votre ordinateur, par exemple?
- Mais pour qui vous me prenez? S'indigna Erwan. Pour un pervers en manque?
- Un peu oui, répondit Matt en se levant.

Il retrouva Izzie à la sortie.
- Tu lui as fait une peur bleue, souffla-t-elle. Ton art, c'est de manipuler l'esprit des gens, non?
Matt eu un sourire sans joie.
- Peut-être, mais en tout cas on piétine toujours.
- Matt! L'appela une voix lointaine.
Le concerné se retourna et vit arriver le médecin légiste.
- La victime s'appelle Eléna Etchalnov, dit-il, essoufflé.
- Un nom typiquement américain, commenta ironiquement Matt. Et?
- Je n'ai pas eu le temps de finir l'autopsie, mais regarde.
Il lui tendit une photo, qui représentait une cheville, certainement celle de la victime. Et les mêmes symboles étranges étaient dessinés à l'encre de chine.
- Ça doit signifier quelque chose, remarqua enfin Matt.
- Oui, justement, dit le légiste, j'ai suivit l'idée de la jeune fille (il adressa un sourire à Izzie) avec son idée d'écriture elfique, et figure que si on se fie à cette idée, ça veut dire quelque chose; j'ai essayé sur le cadavre d'Amanda.
- Et? Demanda encore une fois Matt. Qu'est-ce que ça signifie?
- « On se retrouve à la bibliothèque », dit gravement le vieil homme.
Matt et Izzie échangèrent un regard sombre. Et en plus, il les narguait.

# Posté le samedi 29 novembre 2008 11:58

Modifié le vendredi 12 décembre 2008 14:14